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Newsletter

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Nous publions une newsletter saisonnière, composée d’informations pratiques et culturelles ainsi que d’un éditorial (depuis l’été 2014 chaque newsletter dispose d’un éditorial, entre 2002 et 2014, seul le programme annuel des formations continue possédait une thématique). Nous vous envoyons cette newsletter en pdf attaché à un email si vous le désirez.


Newsletter actuelle


Editorial 2017 Regards

« Il y a des yeux grands ouverts au secret des yeux fermés » Yves Bonnefoy

A l’orée du monde et de soi : le regard. Aller à la rencontre du monde, s’entrelacer à lui, offrir regard et attention, manger des yeux, regarder sans voir, taper dans l’oeil, voir en profondeur, regarder sans croire qu’on a déjà vu. Et tout ça, ça me regarde !

Alors, les regards, ceux que l’on porte sur le monde, ceux que l’on porte sur l’oeuvre des patients, ceux que les patients portent sur leurs oeuvres et sur nous, ceux que les oeuvres portent sur nous, en nous rendant visible l’invisible, en nous « rendant le visible » (P. Klee).

Voir avec les yeux, avec les mains, avec les yeux ou mains de l’autre, avec le nez, les pieds ; se voir avec le regard de l’autre. Garder, veiller, prendre soin par son regard attentif et attentionné, le regard qui tue du combattant, le regard perdu sans espoir de l’affamé, le regard vide du consommateur de drogue, le regard certain de l’intégriste, le regard scalpel du scientifique, le regard de rapace du financier,… tant de regards.


Editorial 2016 L’état de poésie

La science crée dans un processus rationnel inspiré, l’art dans une démarche imaginaire rigoureuse. Tous deux ont besoin d’un état de poésie, tous deux sont actifs au coeur de l’art-thérapie.

Du Cantique des Cantiques à Gainsbourg, du Roi David à Lady Gaga, la poésie habite la pensée humaine d’un vent frais novateur, émerveillant et jouissif.

Les mots disent les choses du monde, les pensées et les émois de l’existence humaine ; en les disant, ils les transforment. Parfois cette transformation est une déformation mensongère et travestie, parfois elle est vérité sur l’existence humaine : le devenir et la transformation continue ! Ces mots-là ouvrent plus qu’ils ne cernent, ils commencent plus qu’ils ne dé-finissent ; ils ont plus de corps et de chair que de signification, ils assemblent corps, esprit et émotions par le fil de l’imaginaire. Ils sont donc souvent paroles, gestes, danse, dessin, peinture, chant ou jeu. L’état de poésie est celui où nait l’existence humaine.

Lorsque l’existence est souffrante, malade ou incomplète, l’état de poésie permet de relancer le processus de transformation.


Editorial 2015 La main

Après le visage, la main est choisie comme thématique de l’année 2015. La main, cette partie essentielle du corps pour contacter le monde environnant est présente dans un grand nombre de processus de création et de situations existentielles.

On dit « prendre en main » une situation, « se prendre en main », « tendre la main » à un ennemi pour se réconcilier ; on se serre la main pour se saluer, on lève la main pour se dire bonjour ou au revoir, pour appeler, pour montrer. On utilise la main pour compter, pour se gratter le nez ou l’oreille, pour se toucher ou toucher avec tendresse ou haine les autres, pour écrire, pour dessiner, pour lire un livre, pour manger,… La finesse de la rencontre avec le monde se passe en partie par la main, sensible, impressive, forte, sûre ou hésitante, elle nous permet de modeler nos rapports à l’existence.


Editorial 2014 Visages

L’art-thérapie : trois partenaires au moins. Le patient, le thérapeute et l’œuvre.

Le visage, partie nue (et pourtant voilée de mimiques, rides, fard…) de la personne est situé au milieu de notre triple rencontre. D’Emmanuel Levinas, nous avons appris que notre responsabilité envers autrui naissait à l’interface de nos visages. Nous nous dévoilons et nous découvrons à nous envisager. Et voici que l’œuvre, surprenante, nous questionne et nous dévisage elle aussi. L’œuvre a-t-elle un visage ? Est-elle un visage ? Celui de ce qui peut advenir ?

Ma responsabilité esthétique envers l’œuvre, envers son altérité vivante, est-elle aussi éthique ? Cette responsabilité résulte de ce que l’œuvre me regarde, si je sais lui offrir accueil respectueux et aimant dans mon propre regard et dans les regards échangés entre patient et thérapeute. L’œuvre nous permet de nous connaître et de nous envisager autrement. Alors peut survenir la transformation : art et thérapie.


Editorial 2013 L’œuvre et le créant

Cette année, notre thématique porte sur un aspect théorique de l’identité professionnelle des art-thérapeutes. En effet, en art-thérapie existent deux grands courants qui, parfois, s’opposent de manière conflictuelle, l’un mettant en avant le processus de transformation de la personne, le patient, et l’autre mettant en avant le processus de création artistique de l’œuvre.

Nous soutenons l’idée que ces deux points de vue ont une place légitime dans notre profession et qu’au fil de l’accompagnement, l’art-thérapeute priorise alternativement l’une au l’autre dynamique.

Notre méthode permet même de mettre au centre de l’accompagnement le patient et son propre point de vue, sa psyché, son mode relationnel, sa logique existentielle, tout en honorant le processus de création artistique et l’œuvre, comme un processus essentiel de la vie. C’est lorsque ces deux logiques s’allient respectueusement qu’une véritable art-thérapie, une poïétique, peut exister.


Editorial 2012 La fête

Deux approches complémentaires sont pratiquées en art-thérapie. L’une aborde de front ce qui pose problème : symptôme et causes de la souffrance. Les art-thérapeutes sont orientés alors vers maladie, handicap et manque à vivre qui motivent le participant dans sa demande.

Une autre dynamique consiste à se décentrer des aspects souffrants pour laisser l’expérience créative ouvrir des espaces existentiels différents. Dans ce cas, l’exploration créative, au lieu d’être essentiellement colorée des affects de tristesse, de douleur ou de solitude, se colore également de surprise, de joie et de partage festif.


Cette année, la 20e de L’ATELIER, nous mettons en avant la fête, ce phénomène où les humains transcendent de manière communautaire les limites individuelles et celles attachées aux souffrances de l’existence. C’est ainsi que peut survenir la transformation humaine dans une réjouissance et une joie partagée, au travers des douleurs exprimées et de leur dépassement.


Editorial 2011 Mémoire et transmission

Le fil-rouge de l’année marque notre intérêt pour les capacités indissociables de mémoire, d’oubli et de transmission. Les grands événements de nos existence demandent à être mémorisés afin qu’ils nourrissent le sens que nous donnons à notre vie et nos choix. Mais ils demandent également, dans le même temps, à être oubliés, c’est-à-dire à être relégués dans un arrière-plan de nos consciences et de notre attention. Ils participent alors à former un terreau vivifiant dans lequel nos actions présentes s’enracinent.
De même, mémoire et oubli sont actifs dans la transmission intergénérationnelle. Cette transmission peut être facilement mise à mal lorsque des événements traumatiques ont surgi, entraînant cristallisation mémorielle ou oubli aveuglant et malheureux. Chaque génération produit des légendes, des distorsions de la réalité, des exagérations, des petits et des grands mensonges, au gré des potentiels psychiques et culturels ; et chaque génération, dans un effort de mémoire et d’oubli, est tendu vers la transmission des valeurs essentielles.


Editorial 2010 La rêverie

La thématique qui nous sert de fil rouge cette année est La rêverie.
La rêverie est un état existentiel qui assemble émotion, pensée, corps, lien social d’une manière particulièrement propice au phénomène créateur.
La rêverie permet le déploiement d’une sorte de pensée diurne du rêve dans laquelle on observe des émergences de l’inconscient, un certain retrait social, une rationalité mise en arrière-plan et des capacités ludique et imaginaire augmentées. Liée aux célèbres phénomènes transitionnels de Winnicott, elle n’évite pas la réalité, elle la façonne, elle la transforme, dans un espace où monde interne et monde externe se côtoient dans un flottement poétique.


Editorial 2009 Le matériau

La thématique exploratoire qui nous sert de fil rouge cette année est Le matériau.
Comme d’habitude, plusieurs ateliers vont s’orienter cette année sur cette thématique tout en déployant leurs thèmes propres. Le matériau donne à l’art-thérapie une part de son identité, différente de toute autre thérapie.

Tout développement humain se fait à partir d’actes, de pensée, de sensations, de paroles, d’inconscient. Créer c’est faire ! Disait le psychanalyste D.W. Winnicott ; et faire c’est agir sur un matériau du monde qui offre une certaine plasticité, une certaine résistance, une dynamique incontournable.
La couleur nécessaire à la peinture, la terre au modelage, le journal au collage, le son à la musique, le souffle nécessaire au chant, tous ces matériaux participent à l’œuvre autant que les idées du créateur ou que son inconscient. Le matériau est même une occasion unique de rencontrer le monde, autre que soi, de se décentrer de soi dans la matière, de se renouveler. Qu’en est-il alors des médias électroniques, des images virtuelles ?


Editorial 2008 La bouche

La thématique exploratoire qui nous sert de fil rouge cette année est la bouche, un des lieux principaux du corps qui réalise nos contacts au monde, organe expressif et impressif siège du goût et de la parole à la fois, matrice symbolique de bien des concepts évoquant le travail psychique et les relations humaines : manger des yeux, avaler une parole toute crue, dévorer d’amour, goûter une œuvre d’art, déguster un livre, embrasser une idée,
Si l’idée principale de l’art-thérapie est le processus poïétique, transformation de soi et du monde, ce processus de transformation se réalise dans l’émergence de formes en plusieurs lieux de contact entre la personne et les matériaux du monde : les organes des sens, et certaines parties du corps, telles que les mains ou le visage. La bouche, très peu étudiée en art-thérapie, est un de ces lieux de contact extraordinaire, qui permet à la fois un mouvement impressif, on reçoit le monde en nous, on le goûte, on s’en nourrit ; et expressif, on émet des formes par la bouche, des sons, des chants, des cris, des mots, des pensées complexes et abstraites. Dans le baiser, les mouvements impressifs et expressifs sont liés par le désir mutuel. Plusieurs ateliers vont s’orienter cette année sur cette thématique tout en déployant leurs thèmes propres.


Editorial 2007 L’œuvre ouvrante

La thématique qui nous sert de fil rouge chaque année invite à considérer les productions réalisées dans nos ateliers comme étant des œuvres ouvrantes.
Ces productions artistiques conduisent les participants ainsi que leurs liens sociaux à se transformer, à se déployer, à donner corps à leurs potentiels. Elles les invitent à s’ouvrir à l’advenue d’eux-mêmes et de leur monde.
Ce ne sont pas des œuvres qui dévoilent, ni des œuvres à dévoiler. Ce ne sont pas tant des révélateurs d’une vie intérieure, relationnelle ou d’une pathologie. Ce ne sont pas non plus des équivalents de médicaments naturels qu’on prescrirait pour atteindre une santé plus harmonieuse. Les productions de nos ateliers sont des œuvres ouvertes ; selon le regard qu’on leur prête, elles recèlent des dimensions innombrables et irréductibles les unes aux autres. Plus encore, elles sont des œuvres ouvrantes, c'est-à-dire qu’elles ouvrent le créateur et les témoins de leur advenue à un avènement d’eux-mêmes. Elles ne cherchent pas tant à augmenter la connaissance, elles sont transformatrices de l’existence. Elles ouvrent à l’Ouvert de l’être, au flux de la vie ; pour peu qu’on apprenne à les écouter, à les regarder, à les respecter.


Editorial 2006 Un atelier comme une cabane

La thématique qui nous sert de fil rouge chaque année est cette fois celle de la cabane.
La cabane est une construction éphémère, nomade, bâtie dans l’élan et le geste plus que dans le projet initial précis. Elle est créée à partir de matériaux récupérés, d’objets trouvés.
Proposer un atelier d’art-thérapie ou d’expression dans lequel des êtres humains vont se transformer c’est proposer de construire ensemble une cabane, une cabane où déployer un jeu très sérieux.
Entre nature et culture, entre soi et non-soi, entre avant et après, un peu en marge du monde mais au cœur du moment présent propice au changement, la cabane est comme l’atelier : l’espace de transition de soi à soi.
La construire est y jouer, y jouer est la transformer. Pour ce faire, la connaissance rationnelle est aussi conviée, intimement liée à la connaissance existentielle.
Espace de rêverie, la cabane est un lieu où l’on apprend la solitude nécessaire à la création de soi ainsi que le partage citoyen avec les partenaires de jeu.
La cabane est cave, grenier, jardin, autel, oubli, mystère, refuge, radeau. La cabane est le lieu même de la poïétique.


Editorial 2005 Présence et création

Toute démarche poïétique, est située en un moment présent bien particulier. Partenaires en relation, matériaux, culture environnante, cadre de la rencontre, vont donner forme à un champ relationnel et être habités et orientés par ce champ.
Cette rencontre des plus indéterminées est réalisée dans un espace et un temps spécifiques de co-création, exigeant une forte qualité de présence de la part des partenaires. Présence ouverte à ce qui est là devant nous et à ce qui n'est pas encore là, ni du monde, ni de l'autre, ni de soi-même. Présence au surgissement surprenant et mystérieux de l'existence.
L'art en thérapie est trop souvent utilisé comme un moyen privilégié pour traduire l'inconscient en mots visibles. Il est souvent utilisé comme moyen pour comprendre le passé et la structure psychique ou neurobiologique du créateur.
Nous sommes, quant à nous, intéressés par les potentiels d'ouverture de l'art, par les émergences qu'il apporte plutôt que par les résurgences qu'il permet, même si nous savons que celles-ci existent. C'est peut-être même en ces dimensions d'ouvroir que l'art est, à proprement parler, sensé pour l'être humain.
Abordé ici au travers de différents dispositifs et moyens expressifs et souvent dans une intermodalité riche de surprise, cette quête d'émergences nous conduit à des activités rêvantes réalisées dans l'entremonde de soi et de l'autre, du Je, du Tu et du Nous, des lointains intérieurs et des espaces externes; de ce que j'étais et de ce que je ne suis pas encore.


Editorial 2004 Résurgences - émergences

Toute démarche poïétique, nous le savons, est influencée par les matériaux utilisés et par les spécificités psychologiques, relationnelles et socio-culturelles des personnes qui entrent en création dans nos ateliers. Mais cette poïétique est aussi influencée par les particularités de l'animateur de l'atelier, thérapeute, passeur, éducateur ou accompagnant. Une recherche scientifique dont nous sommes en train d'achever la réalisation le démontre bien. Se former dans ce domaine nécessite des apprentissages dans ces trois axes.
La poïétique mobilise l'imagination du créateur et celle de l'accompagnant professionnel, mais elle mobilise aussi, et c'est central, les corps des partenaires en relation. "créer c'est faire" disait D.W.Winnicott. Percevoir le monde pour l'habiter n'est possible que par nos sens, soulignait M.Merleau-Ponty.
L'art en thérapie est trop souvent utilisé seulement comme moyen pour traduire l'inconscient en mots clairs et précis. Il est souvent utilisé comme moyen de comprendre le passé et la structure psychique du créateur. Nous sommes, quant à nous, intéressés par les potentiels d'ouverture de l'art, par les émergences qu'il apporte plutôt que par les résurgences qu'il permet, même si nous savons que celles-ci existent. C'est peut-être même en ces dimensions d'ouvroir qu'il est à proprement parler sensé pour l'être humain.


Editorial 2003 Corps et création

Toute démarche créatrice réalisée dans l'interface arts et thérapies mobilise l'imagination du créateur et celle de l'accompagnant professionnel; elle mobilise aussi des matériaux aux potentiels divers; mais elle mobilise également, et c'est central, les corps des partenaires en relation.
Ecrire, peindre, modeler, danser, jouer ne sont possible que par l'investissement corporel de nos liens au monde.
Le matériau utilisé pour l'expression a, lui aussi, du corps sous la pression de nos gestes sur lui, il résiste, il se joue de notre volonté, il oriente notre rêverie; son corps à lui est aussi présent que notre corps à nous.
Et l'œuvre qui prend forme, belle ou pas, significative ou banale, publique ou intime est aussi nantie d'un corps.
Comment notre existence peut-elle se déplier dans ces corps-à-corps continus ?
Par force ? Dans une relation de caresse ? Par obligation ? Par abandon ? Par prédation et dévoration ? Par enchantement réciproque ? En y marquant son passage et un sentiment de possession ? En se laissant transformer par ce rapport ? …
" Jouer c'est faire" nous répétait D.W.Winnicott, et faire c'est agir avec nos corps dans un temps, un lieu, une situation, une relation, un élan. La parole elle-même est acte corporel, rythme, vibration de l'air, de la gorge, de l'oreille avant que d'être véhicule de concepts..


Editorial 2002 Le jeu

le Jeu est cette activité rêvante réalisée/inventée dans l'entremonde de soi et de l'autre, du Je, du Tu et du Nous, des lointains intérieurs et des espaces externes inaccessibles. Enfant, lorsque tout va bien, l'on s'y adonne avec tout le sérieux qu'il mérite, adulte, la plupart du temps, on l'oublie dans ses formes les plus libres. Il est pourtant au centre des déploiements créateurs.
Heureux celui qui sait encore mobiliser son enfance ludique et sa curiosité !
Juste assez réglé pour être à l'écart du quotidien, à la parenthèse du monde, juste pas trop réglé pour faciliter l'émergence créatrice, le Jeu est ce jardin extraordinaire où corps, émotion, affect, relation plongent leurs racines.
Que l'on soit soignant, intervenant socio-culturel, art-thérapeute, poïéticien ou artiste, lorsqu'on s'adresse à d'autres humains, on tente souvent de proposer un dispositif ludique, on en connaît la valeur. Une fois constitué, l'espace de jeu demande, comme tout bon outil, à être entretenu, graissé, exercé, fignolé année après année. C'est qu'il ne s'agit pas seulement de faire jouer les autres, il s'agit aussi d'y être soi-même actif, de former l'outil à sa main, de le patiner de sa propre ludicité.